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mercredi 4 février 2026
Chasse en Vienne : Bonnes, Liniers et Lavoux 2026
Nadine, Valérie, Pascal et Patrice des D.L.S.G.(*) nous ont concocté une réunion qui sonnera notre fin de saison 2026. Nous sommes attendus par une vingtaine de chasseur compagnons de chasse d'Aurélien Brouard, président de l'A.C.C.A. (*) de Bonnes, ce vendredi 30 février. Nous ne serons que deux aigles pour honorer cette invitation, ce qui me désole profondément. Le copieux casse-croute de départ toujours aussi généreux, permet de renouer et de se raconter les fêtes de fin d'année. Sitôt le repas terminé, l'analyse de la météo faite, nous nous retrouvons pour la présentation des oiseaux devant un petit public bien à l'écoute. Jean-Yves comme à son habitude explicite notre art par quelques anecdotes qui permettent de fleurir un discours souvent un peu fastidieux. Comme la météo n'est pas brillante, Il peut prendre le temps qu'il veut pour cela.
La présentation des oiseaux
Nous prenons les véhicules pour nous rendre au premier rendez-vous. C'est généralement par cette battue que nous commençons ici. Un bois très serré rectangulaire entouré de grandes plaines d'où sortent très souvent de nombreux animaux. Mais cette fois ci, les chevreuils étaient déjà dehors, devant nous, à quelques centaines de mètres, comme pour nous dire : approchez donc, vous allez voir...... Rien n'est sorti du bois et nous entamons la plaine couverte d'un engrais vert assez dense pour abriter quelques capucins. Nadine toujours chanceuse, lève un premier lièvre à une soixantaine de mètres de moi en léger contre-haut. Sarembaï l'entreprend avec une belle conviction qui me laisse à penser qu'il va aller au bout. Contre le vent, en légère montée, il réduit l'avance de l'animal jusqu'à la route qu'il franchit d'un saut magistral. Le lièvre malicieux virevolte de gauche et de droite pour tromper l'aigle qui ne s'en laisse pas conter. Après un crochet net, Sarembaï se fait "planter" par le capucin qui prend la fuite en toute tranquilité. Ce fut un bon moment pour les quelques chasseurs autour de moi qui découvraient ce mode de chasse. nous contournons par la gauche, Jean-Yves en poste presque fixe sur l'axe de rotation. Le champs est très grand, nous parvenons au plus haut de la traque, ce qui nous laisse la partie descendante d'un colza racourçi bien prometteur. Un lièvre est levé par un des chasseurs à quelques dizaines de mètres de moi. Je déchaperonne et lance Sarembaï qui entame son vol de poursuite. Volontaire, il remonte facilement le lièvre qui tourne sur lui même, mais Sarembaï crochète très fort et griffe à la patte arrière ce qui déclenche une danse circulaire de notre capucin. Soudain, le lièvre change de sens, mal lui en prend, Sarembaï capte sa tête au passage de sa griffe droite. La prise est faite et bien tenue, un peu de chance est toujours nécessaire en chasse...
Ayant oublié mes lunettes pour voir de loin, je retourne avec Adriane à ma voiture. Nous prenons ensuite la direction de grandes surfaces qui me rapellent une anecdote singulière. Lors d'une traque l'an dernier, Corentin vole un lièvre long (*) que son aigle attaque franchement, il le manque assez loin est entreprend de se percher sur un des câbles de la ligne moyenne tension qui traverse la chasse. Déséquilibrée, sa forme se laisse soudain pendre comme un corbreau qui joue sur un fil. Une grande frayeur envahit l'ambiance de ce moment suspendu. L'aigle las, décroche et descend au sol pour y être récupéré par son maître. Tout est bien qui fini normalement. La configuration du terrain me semble très transformée ; les haies habitées par de nombreux petits oiseaux des champs ne sont plus. les joncs qui garnissaient la plaine ont été girobroyés, les friches assez anciennes ont été rasées, c'est sans doute la raison qui a fait se déplacer les quelques lièvres que nous y avions vus l'an passé. Nous n'en lèverons pas aujourd'hui. La pluie arrive, comme prévu par les réseaux spécialisés. Même l'heure de la pluie était bonne. Nous rentrons donc à la base pour prendre un petit goûter. Les chalets de Moulières, gîte où nous logeons pour le séjour, sont très convenables. Nous les rejoignons pour nous changer. Vers 19 heures, nous retrouvons tout le monde pour le dîner. Comme toujours, les chasseurs nous font déguster leurs spécialités, patés divers, l'un de pigeon ramier, l'autre de perdrix, l'autre de lapin de garenne, l'autre de sanglier. Puis des lasagnes de chevreuils arrivent dans nos assiettes, un vrai délice. Même les éclairs sont maison... Nous nous retrouverons le lendemain, si possible l'oeil vif.
Ce samedi, nous sommes attendus à Liniers, petite commune de la Vienne, non loin de Bonnes. La cabanne de chasse est construite dans un ancien château d'eau. C'est un peu bizarre mais fort intéressant. Il semble que pour creuser la porte, il ont mis un peu de temps.... Le casse-croute est à peu de choses près comme celui d'hier. Cette fois-ci, c'est une terrine de pigeon qui nous surprend agréablement. Vers onze heures, le rassemblement et la présentation des oiseaux commence avec un speach de Jean-Yves, maintenant c'est acté, toujours aussi pertinent. Nous partons à pied en nous alignant vers un champs géant que nous contournons sur toute sa longueur. Pas un lièvre ne sera levé, pourtant il y avait suffisamment de rabatteurs. Puis le groupe est séparé en deux : Jean-Yves et Steve sont placé derrière un buisson épais d'un kilomètre de long sur 600 mètres de large. Je suis en retrait sur le retour. Aurélien est de l'autree côté juste sous un pylône électrique. Ce buisson promet car il est fait de pruneliers et d'épinettes basses et par endroit bien épais. C'est un parfait abris pour tous les gibiers recherchés. La mise en place demande un certain temps, mais je pense que cela en vaut la peine. Les traqueurs viennent sur la largeur en demarrant devant moi. Après quelques minutes, deux coups de trompe sont sonnés, les chevreuils sont lancés. Une chevrette déboule devant moi à 200 mètres mais Aurélien mieux placé vole. Le vent est pleine face, Djaïna louvoye avec force mais c'est trop loin et trop dur. Elle revient rapidement au poing. Pendant ce temps là, un lièvre bien volable saute devant moi à moins de 100 mètres. Je ne lance pas car Djaïna est en vol bien trop près. Deux chevreuils sortent chez Jean-Yves qui vole sans succès. Un léger déplacement des postes est cadré par Damien le chef de chasse. Dès la reprise de traque, Steve qui vole pour la première fois sa nouvelle forme provenant de Hugo G., vole un lièvre qui lui sort presque des pieds. Nous sommes cachés mais à ses dires, le vol était intéressant ; elle a fait une poursuite assez longue.
et aigle n'est en ses mains que depuis deux mois. Le travail fait montre un oiseau très équilibré, en plus, elle est magnifique. Son poids de vol est de 4.6 kg. Un renard est annoncé dans le buisson de genêts à piquants, mais Jean-Yves à volé un lièvre qui se présentait devant lui de belle manière, mais des "voyeurs" un peu bruyants font se détourné ce lièvre qui prend la pente et vent debout. L'aigle ne parveindra pas à remonter ce lièvre malicieux. Jean-Yves récupère sont oiseau et la traque reprend pour essayer de sortir le ranrd qu'Aurélien aimerait bien essayer de prendre. Pourtant, la traque très sérieuse des chasseurs locaux ne sortira pas de ce fouillis. Dommage.... La ligne se mets en place pour poursuivre la battue du matin. Je fais les extérieurs à droite en haut. Aurélien fait la gauche, Jean-Yves en plein centre et Steve aussi. Trois petits bocqueteaux sont en plien milieu de cette traque de quelques centaines d'hectares. Un lièvre part en rebrousse chez Aurélien qui le vole avec force ; le capucin crochète deux fois de suite et Djaïna le survole en essayent de le griffer. Elle ne fera que le recoiffer, il ne manquait rien, mais ces lièvres de fin de saison, on le sais, sont de véritables diables. Pendant que les chasseurs battent le premier boqueteau, un couple d'éperviers semble se battre dans le petit bois juste entre moi et Alexis, c'est un spectacle magnifique que nous offre ces petits oiseaux d'une vélocité diabolique. Aurélien vole un deuxième lièvre qu'il ne prendra pas non plus. Steve est bien placé sous le boqueteau, mais rien ne sortira de ce côté. Aurélien vole un troixième lièvre derrière lui qui lui aussi, passera chez le coiffeur. Djaïna est chaude comme la braise, mais pour l'instant rien n'est pris. Nous rejoignons les voitures en traversant un champs de trèfle dans lequel Marin trouve un lièvre gîté ; je m'approche pour le voler, Marin le lève, Sarembaï l'entreprend mais le violent crochet du capucin lui sauve la vie.
Nous prenons les voitures pour rejoindre la prochaine traque. Aurélien, Jean-Yves et Steve sont d'un côté du bois, je suis de l'autre. Le bois àa une forme de L qui ne nous permet pas de voir les autres. Jean-Yves me raconte qu'il voit un lièvre entrer puis sortir puis re-rentrer sous bois. Un autre sort devant lui qu'il vole mais son aigle se branche alors que le lièvre fait demi-tour pour entrer à nouveau sous-bois. Sans doute est-ce ce lièvre qui est sorti chez Aurélien qui le vole vers des friches où il se cache, l'aigle fait une énorme ressource qui lui permet de clouer le lièvre au sol, il est pris. La traque se termine, nous rejoingnons un champs très grand de colza qui nous donne une très bonne impression, cependant, la pluie commence à tomber. Sitôt rentré dans le champs dans une ligne persque parfaite, un lièvre décampe sous les yeux de Steve qui lance son oiseau. Ce jeune aigle d'un vol souple attaque tout à fait correctement cet naimal particuièrment clair. Soudain, dans sa remontée, elle décroche et revient vers Steve. Ce comportement semble un peu étonnant car l'oiseau remontait clairement ce lièvre en ligne droite. Nous ne relèveront rien dans ce champs. Nous rentrons à la cabane pour refaire la chasse, boire un verre, présenter le tableau. Nous rentrons ensuite aux chalets pour nous chnager afin d'être présentables au dîner. Comme la veille, les chasseurs avaient préparé des spécialités culinaires qui nous chatouillent les papilles. Pour refoidir le café, cette équipe était parfaitement équipée, Quelques uns s'en souviendront un moment.
Avant-chasse : dégustation.
Une belle tablée
Dimanche se dévoile sous une petite pluie bien mouillante. Nous consultons les réseaux spécialisés pour découvrir le temps qui nous annonce une accalmie vers 11h05. Le casse-croûte est aussi copieux que la veille mais les appétits sont plus mesurés. Quelques restes de la veille ? Jean-Yves fait le rond sous un abri dépendant de la cabane de chasse. Cette fois-ci, nous lui donnons un temps illimité pour la présentation. Mais la pluie s'arrête à 11h05 comme prévu. Nous sautons dans les voitures pour rejoindre la première traque. Les véhicules s'arrêtent le long d'une route peu fréquentée, nous prenons le chemin qui dessert la forêt voisine.
Jena-Yves et Sylvain au poste à Liniers
Jean-Yves prend la droite sous un pylône électrique à ligne suspendue, Alexis est loin devant le long du chemin en légère descente, Steve est juste devant moi pile entre Alexis et nous. Aurélien est parti de l'autre côté du bois pour les départs en rebrousse. La traque démarre et rapidement dees chevreuils sont annoncés ; ils sortent plein champs juste dans un bon axe pour que Jean-Yves vole confortablement. L'aigle entame une longue poursuite, le coup d'aile est bon, on y croit. Mais arrivé au dessus des animaux, il continue son vol sur trois ou quatre cents mètres. Les chevreuils coupent la grosse haie sur notre gauche, puis la seconde et filent vers les grands bois. Occasion manquée. Une fois l'aigle récupéré, Steve vole un chevrillard qui coupe juste devant lui, mais l'aigle n'en veut pas. Pendant ce temps, Aurélien griffe une chevrette assez grosse qui se bat comme une lionne. La prise est arrière et le rodéo assez violent. Elle finira par lâcher prise. La chevrette galoppe vers la haie de gauche puis traverse la suivante sans montrer de faiblesse. Aurélien B., le chef de la chasse de Bonnes, à côté de moi, pense la même chose. Elle va s'en sortir avec un peu mal aux fesses quelques jours. La traque se termine sans que Sarembaï vole. Nous rejoingnons ensuite un autre bois rectangulaire d'un kilomètre de long sur 400 mètres de large. Un grand champs de deux hectares s'introduit dans ce bois, laissant pas mal de place aux vols de nos oiseaux. Les aigles sont placés aux quatre coins du bois. La traque commence dans la largeur à ma gauche, j'ai Sarembaï à ce moment au poing. Aurélien met Djaïna sur l'aile sur une chevrette qui sort de son côté, elle file vers le bois de l'autre côté en descente et Djaïna la griffe sur le dos juste avant d'entrer au bois. Aurélien appelle sur le canal 6 pour trouver de l'aide à chercher l'aigle. Au bout de vingt minutes, il la trouve dans un roncier, elle vient de lâcher sa prise. Empêtrée dans les ronces, Alexis venu en aide et Aurélien comprennent ce qui c'est passé. C'est encore une fois une prise manquée de très peu. Les chasseurs verrons la chevrette détaler un peu plus loin. Pendant ce temps là, je vois un lièvre sortir du bois signalé par Adriane. Je ne vole pas, puisque Djaïna est en vol, le risque est trop grand. Dommage, ce sera le seul que nous verrons cette après midi. Steve, de l'autre côté, vole un lièvre que l'aigle manque, mais en gardant de la hauteur, elle part se percher dans un peuplier. La branche casse et l'aigle reste accroché par une patte sans doute à un bout de bois dans le jet. Steve jette ses atouts de fauconniers, sacs, bips, fauconnière, sifflet, gant. Il commence à grimper dans l'arbre, ce qui ne lui pose pas de problème, il est élageur. Mais l'aigle essayant de se redresser libère le piège et du coup, se retrouve au sol. Il est récupéré rapidement. Jean-Yves vole aussi mais je ne connais pas le gibier, c'est sans importance car il ne le poursuit que très peu pour aller aussi se brancher. Nous regagnons les voiture pour une dernière traque que l'équipe n'a jamais faite cette année. C'est un tout petit bois tout en longueur qui devrait abriter quelque gibier. Sitôt entré dans le bois cinq coups de trompe sont entendus. Il s'agit d'un cerf dix irrégulier qui saute devant nous ; l'image est magnifique, il avait trouvé ce petit hâvre de paix pour les refaits. Il part sans vigueur et sans crindre quoi que ce soit, pour sans aucun doute y revenir passer l'été. C'est sur cette image que nous disloquons. Un bref retour à la cabane pour débriffer, un café pour la route, puis nous rentrons avec la chance de n'avoir pas eu plus de pluie. Le temps nous a finalement gâté. Michaël; Adrien et Damien nous renouvelle l'invitation l'an prochain. Cette région est magnifique pour notre chasse, bien sûr, les gibiers de fin de saison sont très difficiles à prendre. Ils se défendent depuis quatre mois des chiens, des poursuites, des chasses hebdomadaires, ils sont aguerris. A l'an prochain, la Vienne.
Un grand MERCI à Sylvain qui nous fournit quelques cadeaux que nous pouvons offrir à nos hôtes et aussi un énome MERCI à l'association "Dans Les Serres de Gilbert" qui nous permet de perpétuer le souvenir de notre ami. . J.L.
(*) A.C.C.A. : Association Communale de Chasse Agréée.
(*) D.L.S.G. : Association Dans Les Serres de Gilbert. Valérie et Patrice Bourdier, Nadine et Pascal Arnault.
(*) Lièvre long : Lièvre qui gicle du gîte très loin, ou bien lièvre sur pied hors de portée.
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